Par Gérard LEFORT
QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007
Les Chansons d'amour de Christophe Honoré avec Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme... 1 h 35. Sortie le 23 mai.
Au petit matin, Christophe Honoré est un jeune homme éternel qui se tient devant la tombe de Jacques Demy. Il n'a pas bien dormi, il est mal rasé, il a relevé le col de son manteau d'hiver. Il se tient comme on se tient devant la sépulture d'un proche. Mélancolique et droit. Il sait que le corps s'est dissipé, est retourné au fatras moléculaire dont nous procédons. Mais où est passé le reste ? Où flotte l'esprit, ce qu'un mort transmet à ses survivants ? La question vaut pour n'importe qui. Pour un cinéaste, elle prend une tournure particulière : il reste les films, il y a le cinéma qui consiste toujours à filmer la vie des morts.
Tel l' Orphée de Cocteau guidé dans les limbes par l'ange Heurtebise, Christophe Honoré se glisse dans un cénotaphe en chantant et enchanté. Demy l'habite et une troisième Demoiselle de Rochefort danse en lui. Et voilà son film, exécution testamentaire grand genre, et voici ses Chansons d'amour, elles, singulières et inédites, qu'il nous plaît de fredonner d'un trait en écho privé : «T'en va pas comme ça/Ne me quitte pas/Il n'y a pas d'amour heureux/Sorry Angel», et surtout quelques vers de celle-ci, d'Elli et Jacno, qui est cité a cappella dans le film et qui en est la meilleure critique possible, «Amoureux solitaires dans une ville morte/Amoureux imaginaires après tout qu'importe !/Que nos vies aient l'air d'un film parfait». C'est-à-dire à Paris aujourd'hui, dans un quartier du centre-ville que l'on reconnaît, mais qui n'existe pas puisqu'il n'est qu'un décor, la vie d'Ismaël (Louis Garrel), garçon brun qui vit avec deux filles : la blonde Julie (Ludivine Sagnier) et la sombre Alice (Clotilde Hesme). Ménage à trois, comme disent les parents. Trois au lit comme dans la Maman et la Putain, trois à lire des livres sous les couvertures comme dans Baisers volés. C'est charmant tout plein et l'on s'ennuie un brin à dénombrer les références.
Et puis soudain, comme dans une vraie chanson d'amour, au détour d'un plan, au hasard d'une rime, le film va nous briser le coeur. Une crise cardiaque qui terrasse Julie. C'est la mort qui l'a assassinée et c'est filmé comme un meurtre avec en insert des photos en noir et blanc qui suggèrent le fait divers. Fait d'hiver aussi qui givre la vie des rescapés, proches ou lointains, vieille soeur (Chiara Mastroianni, superbe et retrouvée) ou bachelier d'origine bretonne (Honoré en adolescent ?) qui veut badiner avec l'amour (Grégoire Leprince-Ringuet, plus qu'idoine). Un seul être leur manque et ils en sont tous glacés. Ils n'arrivent pas à le dire autrement qu'en banalités, ils préfèrent le chanter. Des paroles pour les mots, de la musique pour faire tinter la tragédie.
Ces lyrics lyriques, interprétés par les comédiens eux-mêmes, viennent naturellement, comme s'ils étaient la buée de leur haleine dans un film qui nous réchauffe comme on souffle sur ses poings serrés. On aura le droit de les trouver naïfs, midinettes... Ce qui serait rater que, dans nos vraies vies, il y a toujours une chanson qui tourneboule dans nos têtes. Les Chansons d'amour est un film timide et mort de trouille qui n'a peur de rien : ni du roman-photo, ni du cinéroman, ni du cul, ni du cucul. Comme nous.
Eh toi, dis-moi que tu l'aimes !


http://www.liberation.fr/culture/cinema/festivaldecannes/254763.FR.php
© Libération

Sexe, drame, fantaisie… Christophe Honoré renouvelle la comédie musicale avec grâce et espièglerie.

Cela faisait plusieurs années que Christophe Honoré, enfant terrible et crâneur, doué en tout (écrivain, critique, cinéaste, etc.), promettait sans convaincre totalement. Le brio dessert parfois. Il a fallu attendre Dans Paris (2006) pour qu’Honoré fasse la différence. Aujourd’hui, avec Les Chansons d’amour, il offre le meilleur de lui-même, et ce qu’il a toujours voulu atteindre : une forme de légèreté pop qui permette de dire l’amour et le sexe, la famille et le deuil, sans céder au pathos. La comédie musicale, Honoré tournait autour depuis 17 fois Cécile Cassard, où Romain Duris reprenait une chanson d’un film de Jacques Demy, Lola. On pense de nouveau à Demy ici, modèle français inégalé, intimidant, mais pas pour Honoré, qui perpétue sans complexe le genre en lui apportant du sang neuf.

C’est dans le lit conjugal de la belle Julie (Ludivine Sagnier) et du beau Ismaël (Louis Garrel) que s’invite la première note de fantaisie. Elle s’appelle Alice (Clotilde Hesme) et rejoint avec naturel les tourtereaux sous les draps. Chacun est sagement couché, un livre à la main. Un clin d’œil à Dans Paris et, avant lui, aux vieux films de Godard ou Truffaut. Mais cette fois Christophe Honoré pimente le badi­nage, l’amour se fait à trois. Un chassé-croisé cocasse s’improvise sous l’édredon où chacun tente de trouver sa place, la plus érotique qui soit. Manège osé et plein d’insouciance à la fois, où Honoré s’amuse à chambouler les codes du cinéma et les combinaisons de la chair. L’amour libre, comme on disait naguère ? Pas tout à fait. Plutôt l’amour sans tabous, mais avec de nouvelles règles, de nouvelles formes de cinéma, d’abord fondées sur le jeu. Car sans jeu, point de jeunesse. Ce couple-là, Honoré y tient et le soigne jusqu’au bout. L’élan, la pirouette, le ping-pong verbal animent la plupart des chansons du film, dialogues vifs et espiègles à deux ou à trois pour des jeux tour à tour galants, cruels, vicieux (« du bout de ta langue/nettoie-moi partout ») ou mélancoliques. Un dimanche de la vie, c’est toute la famille de Julie réunie au complet autour de la galette des Rois qui se lance dans une complainte magnifique sur la pluie qui tombe à Paris. Premier temps fort musical où le film décolle, prend de la hauteur. Les paroles circulent, limpides. La grâce est déjà là.
Une grâce bientôt rompue par un drame. Soudain et glaçant. Sur le deuil et la difficulté de le surmonter, Honoré a déjà beaucoup donné, faisant de ce thème le point d’ancrage de toute son œuvre, cinématographique comme littéraire. On pourrait lui reprocher, s’il n’avait pas ici même parachevé son geste avec le concours précieux d’Alex Beaupain, auteur-compositeur du film. Il faut beaucoup de tact pour une telle alchimie. Beaupain en a : sa musique est une ligne claire, fine sans être maniérée. Les chansons font corps avec les acteurs, leur timbre est fébrile. Ronde cristalline ou marche obsédante, à chaque fois la voix est en avant et avec elle les soupirs, les murmures, le parler-chanter, dans une lignée qui va de Dominique A à Jean-Louis Murat, en passant par Daniel Darc.

Dans cet univers enchanteur, les filles ont la beauté de fées sexuées, blondes, brunes ou fauves. Les garçons, celle d’anges sensuels. Tous les acteurs sans exception, jeunes ou moins jeunes, semblent touchés par la grâce. Mais c’est indéniablement Louis Garrel le plus bluffant. Très bon dans le chant comme dans la pantomime façon cinéma muet, virevoltant ou las, il révèle ici une gamme très variée de sentiments et de sensations. Un peu danseur, un peu acrobate, il joue divinement avec les lois de la gravité, sait être léger comme une plume, mais sait aussi peser et porter sur son dos un fardeau écrasant de douleur. Un Léaud des temps modernes.

On pense de fait beaucoup à la Nouvelle Vague, mais entre autres : Les Chansons d’amour procure la même impression troublante qu’un palimpseste, un mille-feuille de réminiscences musicales et ciné­matographiques. Pour autant, Honoré ne se retourne pas vers le passé, il s’inscrit bien dans le Paris métissé d’aujourd’hui, un Paris d’hiver, de brume et de gel. Un Paris documentaire (on y entraperçoit même, au détour d’une affiche, Sarko la menace !), filmé une fois encore de façon très sensible. La vitalité est bien le principe directeur de ce film intemporel et très actuel à la fois, traversé par la mort, mais qui refuse justement tout ce qui lui est associé, de la peur à la résignation. Voilà un hymne à tous les possibles, qui propose diverses manières de vivre ensemble à deux, à trois, en famille, en société, entre homos et hétéros. Il compte large. Comme un film populaire.

Jacques Morice
Télérama n° 2993 - 26 Mai 2007

Christophe Honoré : "Jacques Demy a vraiment eu pour moi un rôle fondateur." - Rudy Waks pour Télérama

Chant contre champ

A Cannes cette semaine avec sa comédie musicale “Les Chansons d’amour”, Christophe Honoré nous livre sa BO personnelle. Plutôt pop que rock.

Dans le premier roman de Christophe Honoré, L’Infamille, en 1997, un critique voyait « une folle gravité ­habillée de l’élégance fruitée et dé­sinvolte des mélodies pop des années 80 ». Dix ans plus tard, l’écrivain-cinéaste, dopé par le récent succès de Dans Paris, présente à Cannes, en compétition officielle, son quatrième long métrage, grave, mélodique et léger, Les Chansons d’amour. Ecrit et mis en paroles avec le musicien Alex Beaupain, puis tourné, cet hiver, en deux temps, trois mouvements, ce film chanté doit autant aux refrains d’Etienne Daho qu’à ceux des films de Jacques Demy. A quelques jours de la projection cannoise, pendant le sprint du mixage final, Christophe Honoré revient, avec quelques-unes de ses chansons fétiches, sur sa trajectoire de cinéaste pop. Des chansons, de l’amour.
 
CAROLINE NO
des Beach Boys (1966)
J’aime la pop pour sa façon très quotidienne d’évoquer l’amour sans en évacuer les côtés sombres. Dans Caroline no, le garçon, d’une voix très douce, reproche à son amoureuse sa nouvelle coupe de cheveux. Il lui dit : « Tu m’avais promis de ne jamais changer, mais tu n’es plus la fille que j’ai connue. » Malgré son écrin musical, la chanson n’est pas sucrée, on n’est pas dans le registre de la plainte. Cette chanson pourrait avoir inspiré la réplique finale de mon film : « Aime-moi moins, mais aime-moi plus longtemps. »
J’ai découvert les Beach Boys quand j’étais étudiant à Rennes. Il y avait deux façons d’aimer la musique pour un garçon : rock ou pop. Moi, j’étais plutôt Beach Boys que Bruce Springsteen. J’ai toujours trouvé la pop plus maligne, par une manière de paraître futile et écervelée tout en touchant aux émotions les plus vraies. Cela peut se transposer dans la vie amoureuse. Je ne suis pas un amoureux rock, je ne me ferai jamais de tatouages, je n’irai jamais m’ouvrir les veines devant quelqu’un que j’aime. L’idéal, c’est le détachement permanent et j’essaye aussi de faire du cinéma de cette façon. Un cinéma plutôt pop, qui cherche la distance, le pas de côté, le regard clandestin, légèrement en biais. Une manière de se préserver quand on sait que ça brûle.
 
LA CHANSON DE LOLA
de Michel Legrand (1961)
J’ai découvert le cinéma de manière solitaire, vers 13 ans, quand j’allais passer mes vacances à Nantes. Je me souviens en particulier de Lola. En compagnie de ma grand-mère, j’ai sillonné la ville pour retrouver tous les lieux du tournage. Demy a vraiment eu pour moi un rôle fondateur. Si un Nantais parvenait à faire ces films-là, il n’y avait aucune raison que je n’y arrive pas ! Quand j’ai débarqué à Paris, j’ai pris pour pseudo, aux Cahiers du cinéma, le nom d’un de ses personnages, Cassard, et, dans mon premier long métrage, 17 Fois Cécile Cassard, je fais chanter La Chanson de Lola à Romain Duris. Quand on est cinéaste et cinéphile, on a forcément envie de refaire les films qu’on a aimés, et j’ai toujours voulu écrire une histoire avec des chansons. L’automne dernier, j’ai senti que l’occasion se présentait. Je voulais raconter une histoire très personnelle et je me sentais dans l’incapacité d’exprimer mes sentiments sans être gêné. Or la comédie musicale permet de peindre des personnages qui ne dévoilent leurs sentiments qu’en chantant. L’histoire douloureuse et les films de Demy aussi ne parlent que de détresse amoureuse. Ils ne sont jamais sans tristesse, mais d’une tristesse courageuse, avec toujours l’élégance de donner le change par le spectacle et le divertissement.
 
AVANT LA HAINE
d’Alex Beaupain (2006)
Les chansons d’Alex Beaupain tissent un langage amoureux singulier et complexe et j’ai le sentiment que le jeu des comédiens permettra aux gens de bien les entendre. J’avais utilisé Avant la haine pour Dans Paris. C’est une de mes préférées. Un garçon réclame une rupture tout en ne la réclamant pas – « avant la peine et le dégoût, brisons là s’il te plaît ». Et la fille qui lui répond : « mais je t’embrasse et ça passe, tu vois bien, on ne se débarrasse pas de moi comme ça ». C’est une chanson guerrière frappée d’indécision, une belle manière de parler du conflit amoureux. Alex a une manière désinvolte d’écrire des chansons violentes sur les sentiments et leur complexité, de dire qu’aimer quelqu’un c’est aussi, profondément, le détester.
Dans Les Chansons d’amour, nous évoquons une histoire qui nous est commune, la disparition d’un proche, l’irruption du tragique dans nos vies, une douleur qui fut longtemps lourde à porter pour lui comme pour moi. Alex Beaupain en a fait des chansons, j’en ai parlé dans mes romans, mais nous cherchions la distance romanesque qui nous permettrait d’affronter vraiment ce souvenir, d’en sonder la tristesse sans être indécent. Dans ses chansons, il exprime des choses que les dialogues auraient alourdies, et il le fait à sa manière, délicate, teigneuse et joyeuse. La mort peut être vécue comme un appel d’air. J’ai perdu mon père à 15 ans et j’ai toujours pensé que ça permettait de vivre autre chose. La mort des autres nous fait changer de trajectoire, nous permet d’aller ailleurs, même si cet ailleurs n’est pas très paisible. Dans le film, la tragédie n’immobilise pas le personnage masculin. Il est tout le temps en mouvement, il déboule sans cesse dans le champ.
 
QUAND TU M'APPELLES EDEN
d’Etienne Daho (1996)
Etienne Daho a su créer une pop à la française comme Jacques Demy avait inventé une comédie musicale à la française. C’est le chanteur auquel je suis le plus fidèle : ses disques accompagnent ma vie. Je vois très bien à quelle période chaque tube me renvoie. Nul doute que, dans cette chanson d’amour, Eden, un homme s’adresse à un jeune garçon : « J’aime ton cul haut perché, tes fruits défendus. » Mais d’une manière très décomplexée, pas du tout revendicative, comme s’il n’y avait aucun souci. J’aime beaucoup ça. La force du sentiment prime sur l’orientation sexuelle, j’en suis persuadé.
 
LE BAISER MODIANO

de Vincent Delerm (2004)
Vincent Delerm est l’une des figures de la nouvelle chanson française que j’apprécie le plus. Pour son rapport à la langue, sa manière de jongler avec les références et de traiter des petits sujets. Il assume une certaine tradition littéraire, un style presque courtois qu’il n’hésite pas à dynamiter par une certaine trivialité. J’ai essayé d’en faire autant dans mes dialogues, afin que la transition avec les chansons se fasse en douceur. J’ai pensé un moment à Vincent Delerm pour incarner le personnage principal du film. J’étais tenté de proposer le rôle à un chanteur plutôt qu’à un acteur. Il semblait avoir la distance juste pour le personnage, la légèreté, la vitesse. Mais finalement Louis Garrel s’est imposé, dans tous les sens du terme. Il se tenait au courant du casting, me laissait des messages en chantant sur mon répondeur, il s’est procuré le scénario et il a fallu que je prenne acte de son envie. Il est venu chez moi, très tremblant, pour un essai, et je craignais d’avoir à l’éconduire, mais il a une vraie voix, très juste, et ne perd rien en interprétation au moment où il chante.
 
THERE SHE GOES
des La’s (1990)
Un amoureux prend sa guitare au réveil, écrit pour sa douce, et cela peut devenir la plus belle chanson du monde. Les La’s, de Liverpool, étaient mon groupe pop préféré à la fin des années 80. J’étais particulièrement sensible à leur rythme, un mélange de nervosité et de rapidité, comme une fuite en avant. Le chanteur avalait ses mots, on n’y comprenait rien. J’essaye de faire jouer les comédiens ainsi. Le dialogue est débité, sans sacrifier aux pauses où le spectateur attend de comprendre ce qu’on vient de lui dire.
Je crois qu’on peut faire du cinéma ainsi, dans un geste franc, rapide, sans craindre d’aborder des sujets ténus, intimes. La vitesse n’est pas un gage de qualité mais une résistance à ce qui se fait dans le cinéma français aujourd’hui. Mes deux derniers films, je les ai enchaînés très vite, en travaillant avec les moyens du bord. Les cinéastes que j’admire ne faisaient pas autrement, ceux de la Nouvelle Vague et Fassbinder, et aujourd’hui Clint Eastwood et Woody Allen… Quand nous sommes descendus à Cannes, l’an passé, avec Dans Paris, nous disions : « Ce film ne prétend pas être un roman, prenez-le plutôt comme une lettre que nous vous aurions écrite l’hiver dernier. » Pareil pour Les Chansons d’amour. Nous tournions encore en février et le film sort à présent. Les comédiens n’en reviennent pas. Ils sont excités à l’idée d’être à Cannes pour présenter un film qu’ils ont l’impression d’avoir fait hier. Pas avant-hier ou l’année dernière.
 

IL Y A TROP DE GENS QUI T'AIMENT
d’Hélène Segara (1999)
Fanny Ardant, dans La Femme d’à côté, hospitalisée après sa rupture avec Gérard Depardieu, écoute à la radio des chansons d’amour qui la font pleurer. Plus elles sont bêtes, plus elles sont fortes, dit-elle en substance. Moi qui maîtrise mal l’anglais, j’avoue être ému aux larmes par des chansons comme Il y a trop de gens qui t’aiment. C’est la caisse de résonance d’une émotion du moment. « Il y a trop de gens qui t’aiment et tu ne me vois pas » : oui, on court après quelqu’un qui ne veut pas de nous et, soudain, d’une chanson très commerciale surgit une force de vérité incroyable. C’est toute la force du tube sentimental. Il nous touche alors qu’il n’a souvent rien pour nous plaire .

 

Propos recueillis par
Laurent Rigoulet
Télérama n° 2993 - 26 Mai 2007